Publié par : Éloïse Clévenot-Lagrange — Rédactrice spécialisée en guides d'Achat
Oui, un téléphone cassé garde presque toujours une valeur. Elle est plus faible que celle d’un appareil intact, mais elle existe : tout dépend de ce qui est abîmé, du modèle et de la capacité. Plutôt que de laisser le mobile dormir dans un tiroir, on peut le faire reprendre, le vendre ou, en dernier recours, le recycler. Voici comment s’y retrouver, sans mauvaise surprise.
Ce que « cassé » veut dire pour un repreneur
Pour vous, un téléphone cassé est un téléphone qui a chuté. Pour un repreneur, c’est une fiche d’état précise, et les mots comptent. Les confondre fausse l’estimation.

Écran HS, vitre cassée : deux situations différentes
Une vitre cassée signifie que le verre est fissuré mais que l’affichage et le tactile fonctionnent encore. Un écran HS désigne une dalle qui ne s’allume plus, affiche des lignes, des taches ou ne répond plus au toucher. Le second cas coûte plus cher à réparer, donc la valeur de reprise baisse davantage. Les repreneurs demandent de préciser lequel des deux vous concerne, souvent via un questionnaire d’état.
Les autres dommages fréquemment acceptés
Les reprises concernent aussi la vitre arrière cassée, un châssis HS (cadre tordu ou enfoncé), un Face ID hors service ou un connecteur de charge absent ou défaillant. Ces défauts n’ont pas le même poids : une vitre arrière fêlée gêne peu le fonctionnement, alors qu’un Face ID en panne ou un connecteur de charge manquant réduit nettement l’usage. Les marques courantes (Apple, Samsung, Xiaomi, Huawei, Oppo, Google Pixel) sont généralement concernées, mais chaque repreneur fixe ses propres critères.
Les cas qui compliquent la reprise
Certaines situations sont plus délicates : appareil passé dans l’eau avec traces d’oxydation, batterie gonflée, pièces manquantes, téléphone encore verrouillé par un compte (iCloud ou équivalent). Un appareil perdu ou volé ne peut pas être repris. Avant de lancer une démarche, vérifiez les conditions du repreneur sur ces points : ils déterminent s’il accepte l’appareil ou le renvoie vers le recyclage.
Comment se forme le prix d’un mobile abîmé
La valeur de reprise n’est pas arbitraire. Elle combine un point de départ (la cote de l’appareil en bon état) et des décotes liées aux dégâts constatés.
Les bons réglages pour sécuriser votre ordinateur et votre téléphone | La CNIL détaille pas à pas comment paramétrer vos appareils pour mieux protéger vos données, et comment les effacer correctement avant de vous en séparer.
- Le modèle et la génération : un modèle récent et très demandé part d’une base bien plus haute.
- La capacité de stockage : 64 Go et 256 Go d’un même modèle ne se valorisent pas pareil.
- La nature de la casse : verre arrière, vitre avant, dalle, châssis ou fonction en panne.
- L’état général : rayures, batterie, boutons, appareil qui s’allume ou non.
Il faut aussi distinguer trois notions souvent mélangées : la valeur de marché (celle d’un appareil intact), la valeur de reprise (ce qu’un professionnel vous propose pour l’appareil cassé, après coût de remise en état) et la valeur de recyclage (celle des matériaux, nettement plus basse). Attendez-vous donc à un écart avec les annonces de téléphones intacts.
Réparer, revendre ou recycler : le bon arbitrage
Réparer avant de vendre n’est pas toujours rentable. Un repreneur professionnel remet en état à moindre coût grâce à ses volumes et à ses filières de pièces, ce qui explique qu’il propose parfois plus que ce que la réparation vous aurait rapporté en plus-value.
| Option | Quand elle se justifie | Point d’attention |
|---|---|---|
| Réparer | Vous gardez le téléphone, ou la panne est mineure | Devis à comparer à la valeur de l’appareil réparé |
| Revendre en l’état | Écran HS, châssis abîmé, panne multiple | Estimation à faire sur un état décrit honnêtement |
| Recycler | Appareil non réparable ou refusé à la reprise | Aucune valeur financière significative |
Un téléphone est considéré comme non réparable quand le coût de remise en état dépasse ce qu’il vaudrait, ou quand la carte mère est touchée. Dans ce cas, le recyclage électronique évite qu’il finisse dans un tiroir ou une poubelle ordinaire, et récupère les métaux et composants valorisables.
Du questionnaire à l’envoi : le parcours en pratique
Le parcours classique se résume à quelques étapes, et reste le même d’un repreneur à l’autre dans ses grandes lignes.
- Identifier l’appareil : marque, modèle, capacité (réglages ou boîte d’origine).
- Remplir le questionnaire d’état : décrivez la casse sans l’atténuer, car l’expertise finale la vérifiera.
- Recevoir l’estimation : elle s’obtient en quelques clics.
- Choisir le mode de remise : envoi par courrier, avec frais de transport pris en charge chez certains repreneurs, ou dépôt en magasin.
- Valider le prix après contrôle : si l’état réel diffère de celui déclaré, le prix peut être révisé.
Le dépôt en magasin convient à ceux qui veulent un échange direct et une réponse sur place. L’envoi postal évite le déplacement. Pour un envoi, calez l’appareil dans un emballage qui l’immobilise : une vitre fissurée supporte mal un nouveau choc, et une dalle abîmée peut empirer en transit.
Données personnelles : ce qu’il faut faire avant de se séparer du mobile
La crainte de laisser photos, messages et comptes dans un appareil est le premier frein à la remise. Les repreneurs sérieux effacent les données, mais mieux vaut ne pas tout leur déléguer.
Voyez l’appareil comme un coffre : le verre brisé n’en est que la façade, c’est le contenu qui compte. Un écran fissuré n’empêche pas la mémoire interne de rester lisible, et un téléphone « mort » conserve parfois ses données intactes. Ce qui protège réellement, c’est l’ordre des gestes : sauvegarder ce qui peut l’être, déconnecter ses comptes, puis réinitialiser. Sans cette chaîne, le blocage par un compte lié à l’appareil peut aussi faire refuser la reprise.
- Sauvegardez ce qui est encore accessible (cloud, ordinateur) tant que l’appareil répond.
- Déconnectez votre compte Apple, Google ou constructeur et désactivez la localisation.
- Retirez la carte SIM et la carte mémoire éventuelle.
- Réinitialisez l’appareil si l’écran le permet ; sinon, vérifiez que le repreneur procède à l’effacement.
Si le téléphone ne s’allume plus, signalez-le dans le questionnaire : le repreneur indiquera comment son process d’effacement ou de recyclage traite les données.







